boobs

 

BOOBS

Création collective de la Lovely Compagnie

DOSSIER A TELECHARGER ICI!

 

Visionnez le teaser là! 

 

Durée : 1h30

Mise en scène :  Manon Joveneau

Avec Marion Clément, Laurène Folléas, Marie Gallien, Laure Haulet et Marie Sambourg.

Boobs

Sujet (ou objet) visuellement omniprésent au sein de notre société, nous avons exploré les dessous du sein, ses mythes, représentations littéraires, picturales, plastiques, cinématographiques, religieuses, populaires, pornographiques, publicitaires … Comme nous sommes nous-mêmes dotées de ces organes pairs, nous avons pu aborder le sujet dans sa chair : nous nous sommes adressés à eux, et ils nous ont livré leurs souvenirs et ressentis d’enfance, d’adolescence et de femmes. Finalement, c’est sur la parole des autres que nous nous sommes recentrées : femmes connues et inconnues, témoignages glanés çà et là, chez nos proches, dans les magazines, les forums et les blogs. D’un sein à l’autre, le cancer s’est alors imposé, comme thématique, dans toute sa nécessité. L’affection et l’absence du sein deviennent un support pour parler d’identité et de féminité. En laissant de côté les seins mythiques de Gaïa ou de Jane Russell, et en passant par le prisme de la maladie, nous donnons corps à Alexandra et son histoire. De la fiction donc, pour accéder à une vérité.

Fractures

Quand le cancer entre dans la vie d’un être, quelque chose se rompt et rien n’est jamais plus comme avant. Le corps, le quotidien et l’identité sont à réinventer. A l’image de cette fragmentation, dans Boobs, Alexandra est incarnée par toutes les comédiennes. C’est un être insaisissable, aux contours troubles, incarné dans des réalités et des errances contrastées. Elliptiques ou détaillés, spasmodiques ou denses, les épisodes du voyage d’Alexandra sont entrecoupés de scènes de rêve ou de cauchemars de la maladie. Alors, l’espace scénique se diffracte et change, il est en mutation perpétuelle. De fait, la scénographie très simple est un laboratoire de jeu, le plateau est quasi nu, bordé de deux portants garnis de costumes, six chaises, une table et quelques accessoires. L’absence de coulisses, les changements à vue et l’omniprésence des actrices sont un joyeux prétexte pour être en action constante et donner vie aux espaces, les incarner et les figurer avec simplicité. C’est ainsi que nous aimons jouer et nous raconter des histoires … Des histoires tragiques et comiques où réalité et fiction existent au même plan. Dans Boobs tout est vrai et faux, sans transition, la surenchère laisse place au doute. Il n’y a qu’une vérité : nous sommes au théâtre. La direction de ce travail collectif est le fruit d’aventures intimes et d’interrogatoires féministes et identitaires. Que se passe-t-il lorsque le sein d’une femme, organe mythique et symbolique, a été mutilé par le cancer et les soins ? Quel regard pose-t-on sur son propre corps après cette épreuve ? Comment le montrer ? La maladie d’Alexandra met en jeu les contours de son identité, et plus largement l’objectivisation de la femme et la difficulté dans nos sociétés, de faire coïncider son corps avec soi-même. Quelques soient les réponses, je reste persuadée de la nécessité de mettre en scène les corps des actrices, parfois à demi-nus, au théâtre, un espace qui peut encore s’opposer aux médias ou à l’obscurantisme religieux.

 

Manon Joveneau