Mauvaises Mères

Mauvaises Mères 

Création collective de la Lovely Compagnie

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Visionnez le teaser là!

 

Avec – Marion Clément, Marie Gallien, Laure Haulet, Manon Joveneau, Olivier Kuhn et Marie Sambourg

Mise en scène – Laurène Folléas

Création lumière  – Johanna Dilolo

Habillage et création sonore – John Beziz

Arrangement musical – Marine Ventura

Décors – Adrien Richard            

Costume (Catherine de Médicis) – Blanche Abel

 

 

 

Synopsis

 

Dans les eaux troubles d’un cours d’aquagym, Clara est de retour après son accouchement… reflet pour chacun de son propre rapport à la maternité. Et puis il y a Caroline qui sait qu’elle ne veut pas d’enfant, au grand regret de sa mère. Dans ce bal amniotique délirant s’invite le fantôme de Catherine de Médicis, reine- mère emblématique.

Mauvaises Mères se construit en trois fictions fragmentées qui s’entremêlent, à la recherche d’un imaginaire de la maternité d’aujourd’hui. De l’image de la mère idéale sur les réseaux sociaux au réchauffement climatique en passant par la GPA, comédiens et metteure en scène dissèquent cette aventure humaine à l’aune de leurs propres désirs et révulsions de jeunes adultes.


 

 

 

Mettre au monde

“Puisque nous sommes “mêmes” (moi et la mère), je ne la perds pas, je jouis de la mère, je suis la mère qui jouit, donc je suis Tout par mon texte sensible qui refait la chair du monde.” Colette.

MAMAN ET ENFANTS

 

Nous sommes en 2017, nous avons trente ans, toutes nos dents… et pas encore d’enfants. Pourtant la question on nous la pose. On finit par se la poser soi-même. Serait-il temps de faire usage de notre fonction reproductrice?  Pourquoi pas. A voir le selfie de cette jeune et belle maman qui fait des gâteaux d’anniversaire parfaits posté sur les réseaux sociaux, ces stars minces et musclées le lendemain de leur accouchement et les pubs pour petits pots 100% bio à la télé, c’est vrai que la maternité est séduisante, voire irrésistible.

D’un autre côté il n’y aura probablement plus d’eau potable dans cinquante ans, en plus de la surpopulation mondiale, des tonnes de déchets que produit un bébé, de l’incertitude face au marché du travail et des vergetures (quoique évitables grâce à la gestation pour autrui?).

« Un enfant, c’est le plus grand bonheur du monde, le jour de ton accouchement, c’est le plus beau jour de ta vie! » Et si c’était le pire?

Et si on a pas, mais alors pas du tout envie de faire des enfants? « C’est certainement qu’il s’est passé quelque chose dans l’enfance! »

Alors quoi?

Alors nous en sommes là, à palper les nouveaux contours de la maternité dans notre monde contemporain.

Il faut dire que la maternité est un peu un fantasme qui interroge chacun, qu’elle fasse envie ou non, qu’elle fascine, terrorise ou les deux à la fois. D’autant que ce n’est pas seulement une affaire de désir personnel mais aussi de pression sociale sourde. Drôle de dualité que cette métamorphose de l’intime à l’arrivée d’un enfant face à la sphère sociale; territoire de morale, de devoirs, du regard de l’autre…Et à l’intérieur, recroquevillée sous le tabou, se tasse la fragilité de chacun. La peur de faillir, de ne pas être à la hauteur, la culpabilité. Comment faire aveu de nos faiblesses, des regrets, de nos erreurs, là où la représentation maternelle (et parentale) doit être synonyme d’épanouissement et de vertu? Que faire des zones d’ombres?

Forcément, la vierge Marie n’a pas complètement servi la cause féminine dans la possibilité d’avoir une maternité contrariée, mais d’autres icônes maternelles composent notre héritage et pourrait forger une autre vision de la maternité. C’est comme ça que Catherine de Médicis, reine-mère connue comme redoutable veuve noire infanticide est venue infiltrer notre travail. Si on y regarde de plus près, son histoire est plutôt celle d’une femme étrangère propulsée dans une sphère politique exclusivement masculine, misogyne et xénophobe au coeur de laquelle elle a consacré toute son énergie et son intelligence au maintien des ses enfants au pouvoir et au rétablissement de la paix dans un pays divisé.

Alors nous imaginons des maternités à différents visages.

Entre bonheur infini et cauchemar inavouable, de maternités bouleversées en maternités bouleversantes, Mauvaises Mères est une exploration de ces distensions entre enjeu sociétal et appréhension de l’intime, avec toute l’énergie, la joie, l’humour et l’engouement que forme l’identité de la Lovely Compagnie.

Laurène Folléas.